Archives mensuelles : janvier 2017

A propos du CM – Anthropologie culturelle et éducation interculturelle

L’anthropologie culturelle est la science qui s’intéresse aux groupes humains quelles que soient leurs caractéristiques. Elle a pour objet d’étude de tous les phénomènes sociaux qui requièrent une explication par des facteurs culturels. Le cours intitulé « Anthropologie culturelle et éducation » offre aux étudiants l’opportunité d’explorer et de comprendre l’humanité dans toute sa diversité en procédant à des études comparatives des cultures et des sociétés humaines.

Ce cours amène également les étudiants à apprécier la façon dont l’anthropologie en tant que discipline contribue à notre compréhension de problèmes contemporains, tels que  les conflits et les guerres, l’environnement, la pauvreté, les injustices, les inégalités, les droits culturels et les droits de l’homme ou encore des thématiques comme l’Ethnocentrisme, l’Identité culturelle, l’Altérité , l’Ethnie-ethnicité-ethnocide, l’inter culturalité, l’acculturation, la contre-culture… ou la problématique de l’éducation interculturelle et l’éducation.

L’étude de l’anthropologie culturelle expose de manière critique la continuité et la dynamique des changements sociaux, ainsi que le développement des sociétés. Elle remet également en cause les présupposés culturels.

Les étudiants, qui suivent ce cours, auront l’occasion de se familiariser avec les perspectives et modes de pensée anthropologiques, et de développer des connaissances critiques et réflexives. Ce cours trouve parfaitement sa place dans le cursus proposé par l’ISPEF (Université Lyon 2) car il offre une approche particulière de l’ouverture et de la compréhension interculturelles. Les étudiants peuvent ainsi développer leur capacité à reconnaître les idées préconçues et les présupposés de leur propre environnement social et culturel en explorant les mondes d’autres peuples, familiers ou inconnus.  Aussi, par exemple, dans un contexte multiculturel sur fond de mondialisation, les approches interculturelles en éducation, qui recouvrent de nombreuses thématiques, comme l’apprentissage du « vivre ensemble » ou la citoyenneté démocratique, ou encore la laïcité, apparaissent comme la base de l’acquisition et de l’apprentissage de la capacité à nouer des relations harmonieuses dans un cadre pacifique….

 

L’Hôpital entre laïcité et neutralité

L’hôpital moderne ouvert sur la cité a résolument intégré les principes laïques. Ceux-ci entrainent de profonds changements. Les soignants ont dorénavant à composer entre ces principes et leur déontologie. Au quotidien, ces exercices, malgré un arsenal juridique conséquent, se révèle, d’une haute complexité. Toutefois, les principes de laïcité sont trop souvent découverts à l’occasion de situations aiguës. Il suffit que les médias s’en emparent pour que les passions se déchaînent. Derrières ce tumulte médiatique, se cache une laïcité singulière que nous proposons de découvrir.

De plus, la question du fait religieux à l’hôpital semble faire irruption dans l’actualité. Il convient d’abord de prendre la mesure d’un tel phénomène et ne pas céder à des analyses trop rapides. Les praticiens hospitaliers sont, sans doute, parfois confrontés à des situations complexes et se posent de nombreuses questions relatives à l’application du principe de laïcité dans le service public de santé. Un certain nombre de  situations limites et de cas concrets suscitent une série d’interrogations comme : Comment assurer le repas de ceux qui ne mangent pas de porc ? Comment accompagner les pratiquants musulmans ou juifs qui mangent casher ou halal ?  Jusqu’à quel point le consentement du malade est-il nécessaire pour pratiquer un acte médical où le pronostic vital est en jeu mais aussi les convictions religieuses du malade ou de sa famille ? Comment accompagner le patient en fin de vie, et les familles face au décès en tenant compte de leurs convictions religieuses ? Quels sont les textes encadrant la laïcité en France ? Quelles sont les limites posées à la liberté religieuse ? Quelles sont les limites du droit du malade au libre choix de son praticien ? Que doivent faire les professionnels en cas de refus de soins ? En quoi consiste la neutralité du service public hospitalier et des personnels ? Les médecins peuvent-ils faire jouer une clause de conscience ? Qu’en est-il du rôle des aumôniers ainsi que des lieux de culte et de recueillement ?

Après avoir interviewé des spécialistes du droit de la santé, du droit des religions et des sciences politiques, nous proposons un regard critique sur les rapports entre religion et santé dans l’espace des établissements de santé. Ainsi, revisitant les thèmes de la laïcité, de l’acte de soins ou de la relation de soins au prisme du religieux, nous interrogeons le croisement entre particularismes (d’origine religieuse), espace d’expression (vers une instrumentalisation de la religion) et établissements de santé.  Il ne s’agit pas ici seulement de décrire l’état du droit au regard de la place de la religion dans les établissements de santé ou de prétendre traiter l’exhaustivité des problématiques en ce domaine. Fondamentalement, il convient de confronter les droits en présence et l’utilisation qui en est faite : droit à la liberté de choisir son praticien, droit de refuser des soins, droit à l’exercice du culte, et le devoir du « vivre ensemble »….