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A propos du CM – Anthropologie culturelle et éducation interculturelle

L’anthropologie culturelle est la science qui s’intéresse aux groupes humains quelles que soient leurs caractéristiques. Elle a pour objet d’étude de tous les phénomènes sociaux qui requièrent une explication par des facteurs culturels. Le cours intitulé « Anthropologie culturelle et éducation » offre aux étudiants l’opportunité d’explorer et de comprendre l’humanité dans toute sa diversité en procédant à des études comparatives des cultures et des sociétés humaines.

Ce cours amène également les étudiants à apprécier la façon dont l’anthropologie en tant que discipline contribue à notre compréhension de problèmes contemporains, tels que  les conflits et les guerres, l’environnement, la pauvreté, les injustices, les inégalités, les droits culturels et les droits de l’homme ou encore des thématiques comme l’Ethnocentrisme, l’Identité culturelle, l’Altérité , l’Ethnie-ethnicité-ethnocide, l’inter culturalité, l’acculturation, la contre-culture… ou la problématique de l’éducation interculturelle et l’éducation.

L’étude de l’anthropologie culturelle expose de manière critique la continuité et la dynamique des changements sociaux, ainsi que le développement des sociétés. Elle remet également en cause les présupposés culturels.

Les étudiants, qui suivent ce cours, auront l’occasion de se familiariser avec les perspectives et modes de pensée anthropologiques, et de développer des connaissances critiques et réflexives. Ce cours trouve parfaitement sa place dans le cursus proposé par l’ISPEF (Université Lyon 2) car il offre une approche particulière de l’ouverture et de la compréhension interculturelles. Les étudiants peuvent ainsi développer leur capacité à reconnaître les idées préconçues et les présupposés de leur propre environnement social et culturel en explorant les mondes d’autres peuples, familiers ou inconnus.  Aussi, par exemple, dans un contexte multiculturel sur fond de mondialisation, les approches interculturelles en éducation, qui recouvrent de nombreuses thématiques, comme l’apprentissage du « vivre ensemble » ou la citoyenneté démocratique, ou encore la laïcité, apparaissent comme la base de l’acquisition et de l’apprentissage de la capacité à nouer des relations harmonieuses dans un cadre pacifique….

 

 

 

Le monde actuel est composé d’Etats souverains sur le plan politique. Le principe de souveraineté nationale a des racines dans l’antiquité avec la constitution des nations, du droit et des frontières. Fortement associé à l’idée de « Nation » par la révolution française, il est aujourd’hui revendiqué par tous les États, démocratiques ou non dans le cadre du droit international. Ainsi donc, dans la sphère du droit international public, on appelle « souverain », un Etat qui n’est pas sous la dépendance juridique d’un autre Etat ou pour le dire comme Kelsen, un Etat qui trouve son fondement directement dans l’ordre juridique international et non dans la constitution d’un autre Etat.

Or, au gré des conflits armés, est apparu, depuis la fin des années 1980, le concept « droit d’ingérence ». C’est la reconnaissance du droit des États de violer la souveraineté nationale d’un autre État, en cas de violation massive des droits de la personne. Le devoir humanitaire, quant à lui, est conçu comme plus contraignant. Il désigne l’obligation morale faite à un État de fournir son assistance en cas d’urgence humanitaire. Ni le droit, ni le devoir d’ingérence n’ont d’existence dans le droit humanitaire international. L’ingérence elle-même n’est pas un concept juridique défini. Au sens commun, il signifie intervenir, sans y être invité, dans des affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d’un État.

Pour la première fois au nom du droit d’ingérence, plusieurs États occidentaux sont intervenus au Kurdistan irakien en avril 1991 après que le Conseil de sécurité ait invoqué une « menace contre la paix et la sécurité internationales » (résolution 688 du Conseil de sécurité). Cependant, les interventions humanitaires, qu’il s’agisse de l’opération « Restore Hope », menée en Somalie à partir de la fin 1992 (résolution 794),  l’opération Turquoise menée par la France au Rwanda en 1994, ou encore les interventions armées en Bosnie-Herzégovine en 1994-1995, au Liberia, en Sierra Leone, en Albanie en 1997 ou l’envoi d’une force d’intervention de l’OTAN au Kosovo en 1999 révèlent l’ambiguïté et la complexité d’interventions parfois autant militaires qu’humanitaires. Et la récente intervention franco-britannique en Lybie en 2011 relève aussi de ce droit d’ingérence.

 

Toutefois, le droit d’ingérence oppose d’un côté des humanistes qui entendent régir les relations internationales et leurs principes d’action par les droits de la personne et de l’autre les défenseurs des principes de souveraineté et de non-ingérence énoncés par le droit international, dont la violation risquerait de conduire à des interventions unilatérales. La vive réaction des juristes vis-à-vis de ce concept est liée au fait qu’on leur a présenté un concept aux contours juridiques flous. Bien qu’il jalonne une évolution marquante du droit humanitaire, le droit d’ingérence n’a pas pris consistance dans le droit international.

 

De plus, l’ingérence est en effet clairement contradictoire avec les principes fondamentaux du droit international public, au premier rang desquels la souveraineté exclusive de l’Etat sur son territoire. Cependant, la survenue d’événements marquants et la consécration des « droits universels de l’homme » par les Nations Unies sont venus affaiblir la toute puissance de la souveraineté étatique. Les droits de l’homme sont en effet exclus de la compétence exclusive des Etats. Dans la conception d’une communauté internationale et de droits et de libertés fondamentales de l’homme supérieurs à toute autre norme, les frontières nationales ne sauraient constituer une limite à la protection des individus. Par ailleurs, il existe une tendance « naturelle » au développement de l’ingérence, qui accompagne le développement des relations internationales et la constitution d’une « communauté internationale ».

 

Bien que ses promoteurs le présentent comme un principe révolutionnant l’ordre mondial, le « droit d’ingérence » demeure controversé.

Notre propos sera de mettre en évidence la tension féconde qui existe entre les partisans et les détracteurs du droit d’ingérence. Les deux camps  s’opposent autour de la tension entre la légitimité et la légalité d’une intervention.

Initiation à l’ethnopsychiatrie

La Relation soignant-soigné en contexte multiculturel interroge souvent la pratique des professionnels. Dans ce contexte, les troubles mentaux et les désordres psychiques seront interprétés différemment par le patient et son entourage d’un côté, par les professionnels d’un autre, car les uns et les autres ne recourent pas aux mêmes grilles de lecture. La nécessaire communication interculturelle n’est pas toujours facile à établir : les professionnels sont souvent déroutés par des comportements et des manifestations auxquels ils ne peuvent donner sens.

L’ethnopsychiatrie -comme branche de la psychiatrie qui s’attache à étudier les influences ethnoculturelles dans cette discipline-  est une approche se situant au carrefour  de l’anthropologie et de la psychanalyse. Prenant en compte le contexte culturel elle propose la mise en place de dispositifs thérapeutiques adaptés aux populations migrantes. Elle s’appuie sur la constatation que chaque peuple  possède un système de repérage et de prise en charge des troubles psychiques.

En étudiant les troubles mentaux en fonction des groupes ethniques ou culturels, ainsi que la place qu’ils occupent dans l’équilibre social, l’ethnopsychiatrie nous apprend que chaque collectivité sécrète ses propres modèles de déviance et qu’on est toujours fou par rapport à une société donnée.

Présenter les fondements de l’ethnopsychiatrie et ses applications, en partant de son histoire au sein des sciences humaines… Telle est la principale articulation de cet article.

 

LA CRISE DE L’ETAT  SUCCESSEUR au Congo-Brazzaville

Les émeutes d’août 1963 et  la chute du Président l’Abbé Fulbert Youlou

L’analyse de la situation politique et économique de l’Etat congolais naissant, pour être comprise, doit tenir compte du cadre socio-historique dans lequel cette république a été créée. Elle  est  une œuvre « dite de décolonisation », mais une œuvre du colonisateur. La décolonisation ne pouvait régler les problèmes nés de plusieurs décennies de domination ; tout au plus, les a-t-elle déplacés. C’est dans ce sens que la notion d’« Etat successeur » apparaît plus intéressante que celle d’ « Etat néocolonial ». Elle souligne que les dirigeants doivent résoudre des problèmes dont ils ont hérité : le sous-développement, le caractère artificiel d’un Etat sans nation, un mimétisme politique, une absence de sentiment national. L’unité nationale réalisée, l’indépendance acquise, le pouvoir consolidé trouve une assise constitutionnelle autour du président Fulbert Youlou, un prêtre de l’Eglise catholique. Dès le départ, la jeune république se fixe dans un premier temps, deux objectifs majeurs : d’une part, l’équipement et l’industrialisation du pays ; d’autre part, la mobilisation de la jeunesse urbaine oisive en vue de la soustraire à la propagande subversive de l’UJSC (Union de la Jeunesse Socialiste Congolaise)et de la CGAT (Confédération Générale Africaine du Travail).

Fort de ses appuis dans les milieux européens, Fulbert Youlou lance une politique de libéralisme économique. Il fait voter une loi portant reclassement et utilisation de la jeunesse sans emploi. Cependant, ce pouvoir politique, qui porte déjà le poids des conditionnements socio-historiques, doit faire face à une opposition hétérogène dont les effets coalisés finissent par provoquer une crise qui marquera la fin de la première expérience de démocratie pluraliste. Cette crise sans précédent, mais annoncée, marquera toute la suite de l’histoire politique pendant près de trois décennies.  Elle suscitera la création d’un espace politique de type militant. En outre, elle constituera le troisième mythe politique fondateur : « La Révolution des Trois glorieuses » sur lequel s’appuiera la classe politique congolaise jusqu’aux  années 90.

Cet article s’organise en trois points : en premier lieu une analyse de la situation centrée sur l’évocation des conditionnements locaux et extérieurs sur la gestion du pays ; ensuite l’examen du déroulement de la crise ; enfin une tentative d’interprétation de ce que la classe politique progressiste appelle la « révolution congolaise ».

 

Anthropologie du corps et de la santé

Qu’est-ce que l’anthropologie dit du corps et de la santé ? En abordant les conceptions et les ambivalences du corps et de la santé et les filières de leur conceptualisation et de leur théorisation, ce cours se donne comme objectif d’explorer, sur le plan anthropologique, les logiques du corps et de la santé que chaque société produit. Il vise ainsi à introduire l’étudiant à l’analyse des phénomènes du corps, de la santé et de la maladie dans une perspective globale et systémique où, société, culture et environnement sont en interaction.

CONTENU

  • Amorcer une réflexion théorique sur la notion de personne, sur les techniques et sur les manipulations du corps
  • Présenter la multiplicité des représentations de la santé et de la maladie dans la spatiotemporalité.
  • Analyser le modèle d’explication de la santé et la maladie, basé principalement sur les notions d’adaptation, d’équilibre et de croissance.

TD production de données d’enquête : évocation, entretien, questionnaire

Orientation : Il est important avant tout que tout chercheur soit capable de concevoir et de mettre en œuvre un dispositif d’élucidation du réel, c‘est-à-dire, dans son sens le plus large, une méthode de travail. Et, un travail de recherche est la construction d’un «objet scientifique». Il permet à l’auteur (l’étudiant) d’explorer un phénomène, de résoudre un problème, de questionner ou réfuter des résultats fournis dans des travaux antérieurs ou une thèse, d’expérimenter un nouveau procédé, une nouvelle solution, une nouvelle théorie, d’appliquer une pratique à un phénomène, de décrire un phénomène, d’expliquer un phénomène. Ce TD, qui est l’occasion de visiter et étudier la méthode de réflexion et de présenter un travail de recherche, est aussi le moment d’apprendre les forces et les faiblesses des tentatives scientifiques de production de données d’enquête.

 

Objectifs pédagogiques:

  • Présenter la méthode d’enquête, voir ses différentes significations et ses domaines d’investigation.
  • Analyser les outils d’investigations les plus connus dans la méthode d’enquête en identifiant leur procédure et mettant ainsi en évidence leurs atouts et leurs limites.
  • Découvrir et identifier la démarche et la confection du questionnaire, d’un entretien, d’une évocation.
  • Élaborer un programme de recherche.

Savoirs et Pratiques de l’Education Adaptée

L’éducation spécialisée s’intéresse aux personnes atteintes de troubles des apprentissages, des difficultés de communication, des troubles émotionnels et comportementaux, des handicaps physiques et intellectuels, et des troubles du développement.

Les savoirs et les pratiques en éducation spécialisée sont considérés ici comme un processus de transformation des personnes plus précisément de leurs capacités ou attitudes au moyen notamment de savoirs spécifiques qui sont « des manières de faire forgées par l’expérience personnelle ou celle d’autrui et /ou la réflexion théorique, utilisées comme des moyens de travail qui n’impliquent pas obligatoirement l’usage d’un instrument ». Ce sont des savoirs et des pratiques mis en œuvre dans ce processus que nous tenterons d’analyser.

A travers l’étude des Savoirs et Pratiques de l’Education Adaptée, ce cours est une réflexion sur ce qui nous fait prétendre vouloir accompagner l’autre pour qu’il devienne sujet de son histoire, de sa vie. Ce cours a également comme objectif de préparer les étudiants au monde de la recherche en éducation spécialisée et favorise l’articulation entre théorie et pratique en proposant des enquêtes sur le terrain. C’est pourquoi aussi les étudiants seront engagés dans la production au choix, de fiches de lecture, de débats contradictoires, dossiers thématiques et d’exposés dirigés.